Page:Désorgues - Les Jeux d’Elbequier, 1799.djvu/12

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Né sous le même ciel, dans les champs de la gloire,
Quatre ans il suivit tes drapeaux,
Et tu veux avec lui partager ta victoire.

Ce jour encouragé par des rivaux fameux,
Impatient du frein il dévore l’espace,
Et redoublant d’orgueil, de vitesse et de grâce,
Dans son essor audacieux,
Au signal qu’a donné la trompette guerrière,
Il franchit le premier l’importune barrière,
Et livre au rapide aquilon
Et les flots ondoyans de sa vaste crinière,
Et ces flancs généreux qu’en sa noble carrière
N’effleura jamais l’équillon.

Alamon le suit dans l’arène
Sur le fameux coursier de l’orgueilleux Hussan,
Et le pressant déjà de son humide haleine,
Il atteignoit le but de son dernier élan.
Tout-à-coup l’heureux Telamene
Le passe, et de Mourad enlève le turban.
Soudain à son ami lui-même le présente,
Et pour récompenser son pinceau généreux,
Sur le front du vaincu sa main reconnaissante
Place la dépouille éclatante
Du Memelouck ambitieux.

Alamon à ce gage applaudit d’un sourire,
La gloire et l’amitié se disputent son cœur,