Page:Dandré-Bardon - Vie de Carle Vanloo.djvu/35

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
30
Vie

débite à prix d’argent les injures & le mépris. Qu’elle eſt aveugle ! Le Public judicieux n’eſtime qu’une cenſure éclairée, qui propoſe des objets fixes & déterminés, de ſolides moyens d’amélioration, & qui les propoſe d’une manière honnête. Celle qui s’exhale en accuſations vagues, en ironies déplacées, on la laiſſe pour ce qu’elle vaut. Ces ſortes de ſatires tombent d’elles-mêmes dans l’oubli, tandis que l’ouvrage dépriſé par elles ſeules, ſe ſoutient dans l’eſtime de la Poſtérité. Vanloo ne les craint point ces libelles : ils ne ſçauroient offuſquer l’éclat de ſes talens. Tel qu’Homère & Platon bravoient les traits des Zoïles, Carle affronte les Zoïles du ſiécle par des progrès toujours nouveaux.

Pouvoit-il n’en pas triompher ? Lui qui joignoit au coloris le plus aimable, à l’exécution la plus brillante les réſultats les plus ſéducteurs de l’imagination ; lui qui varioit avec tant d’Art le caractère de ſes Héros, ſuivant les circonſtances du ſujet. Sainte Clotilde inſpire la plus tendre piété ; S. Charles Borromée le plus vif attendriſſement. Ses Vierges reſpirent les grâces && la nobleſſe ; ſes Veſtales, la modeſtie ; ſon Antiope, l’ingé-