Page:Darien, Bas les coeurs, Albert Savine éditeur, 1889.djvu/113

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très bien, ces chevaux de bois et, avec la baguette en fer, j’enlève au moins une douzaine d’anneaux. Louise n’en a attrapé que deux. C’est si maladroit, les femmes !

Je reviendrai à la fête. J’y reviendrai demain matin ― car nous passons la nuit chez le grand-père et nous ne retournons à Versailles que demain soir.


J’y reviens. J’y passe la journée. Elle n’est pas mal du tout, cette fête, pour une fête de village. Il y a au moins une cinquantaine de baraques, des tourniquets où l’on gagne des Guillaume et des Bismarck en pain d’épice ; des massacres où l’on abat des Prussiens à tour de bras. On peut s’en payer : deux balles pour un sou.

Du reste, tout est à la prussienne, cette année, tout, jusqu’aux tirs enfantins, à l’arbalète. On a remplacé les animaux par des Allemands ― le marchand dit que c’est la même chose ― et, lorsqu’on plante la flèche au milieu du noir, une porte s’ouvre et l’on voit le roi de Prusse sur son trône ― celui où il va à pied, bien entendu.

En rentrant chez mon grand-père, je le