Page:Darien, Bas les coeurs, Albert Savine éditeur, 1889.djvu/15

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journal déplié à la main, le maréchal Le Bœuf a affirmé que tout était prêt et, dans quatre ou cinq jours…

― Eh ! eh ! a ricané M. Beaudrain en saluant ma sœur, les dames sont toujours pressées. J’apprenais justement à monsieur votre père, mademoiselle, qu’un de mes amis, capitaine d’artillerie, que j’ai rencontré en venant ici, m’a dit…


Ce matin, à neuf heures, mon père m’a envoyé chercher le journal à la gare.

― Tu demanderas le Figaro.

J’ai demandé le Figaro.

― Vous ne préféreriez pas le Gaulois ou le Paris-Journal ? insinue la marchande qui est justement en train de lire, derrière sa table, le dernier numéro qui lui reste.

― Non, non, le Figaro.

Elle replie lentement la feuille et me la tend en soupirant. Comme ça doit être intéressant !

Au coin de la rue, je déplie à demi le journal. On me défend de le lire, à la maison ; mais tant pis, je risque un œil ― un œil que tire un titre flamboyant : La Guerre.

Je dévore l’article. Non plus furtivement,