Page:Darien, Bas les coeurs, Albert Savine éditeur, 1889.djvu/198

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.




XIII


Catherine est partie. C’est moi qui l’ai aidée à faire sa malle et à y emballer les photographies du pauvre cuirassier qu’elle ne reverra plus. Elle est partie sans colère, en disant même qu’elle comprenait ça, en nous souhaitant toutes sortes de prospérités. Et ce n’est qu’une fois dans la rue qu’elle a laissé échapper ses sanglots qu’elle avait contenus jusque-là. Je l’ai suivie des yeux, de ma fenêtre, aussi longtemps que j’ai pu la voir ; elle s’en allait tristement, trébuchant à chaque pas, les yeux voilés par les larmes, à côté de l’homme qui traînait sa malle dans une brouette ; des hoquets douloureux faisaient remonter ses épaules et elle était obligée de s’arrêter pour sortir son mouchoir à carreaux bleus de la poche de sa robe noire.

J’ai pleuré comme un veau.

Pauvre fille ! J’ai méprisé son ignorance,