Page:Darien, Bas les coeurs, Albert Savine éditeur, 1889.djvu/319

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le et dis-moi si une population qui se résigne à en faire son unique nourriture pendant de longs mois, n’est pas une population héroïque. Trouve-moi beaucoup de villes capables de faire ce qu’a fait Paris !

Je crois qu’on en trouverait pas mal. Léon a évidemment une aptitude toute spéciale à expliquer et à justifier nos revers.

― C’est que je suis un bon Français, un patriote !

Je m’en doutais.

Là-dessus, il me fait voir une quantité de dessins et de gravures qu’il a rapportés de Paris, des chromolithographies représentant l’Alsace et la Lorraine en deuil, avec une fleur tricolore dans les cheveux, la France prise à la gorge par un Prussien ivre qui tient une torche à la main ; et, enfin, il déroule une grande image, enluminée de couleurs criardes, où l’on voit trois dames habillées, la première en bleu, la seconde en blanc, la troisième en rouge, qui passent, la tête haute, devant un groupe d’officiers allemands, verts de rage. C’est intitulé : « À Metz. Quand même ! »

― Jamais les Prussiens n’auront le cœur de l’Alsace, dit Léon.