Page:Darien, Bas les coeurs, Albert Savine éditeur, 1889.djvu/45

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Il y a une chose qu’il ne sait pas, pourtant. C’est que j’ai beaucoup de sympathie pour lui. Il ne le sait pas, car il serait plus ouvert, il aurait plus de confiance en moi s’il s’en doutait et nous pourrions causer sérieusement ― comme deux hommes. ― Il faudra que je lui apprenne ça, et ― le plus tôt possible.

Tiens ! le voilà qui sort de la maison et qui descend au jardin. Il est plus pâle que d’habitude ; il a toujours son bandeau blanc autour de la tête. Je vais lui demander des nouvelles de sa santé et tâcher de le faire causer. Il peut se fier à moi et me raconter tout ce qu’il voudra. Je ne dirai rien, à la maison.

― Vous allez souvent à Paris, maintenant, monsieur Merlin ?

― Mais oui.

― Papa m’a dit qu’il y a quelque temps, vous y avez été pour l’enterrement de Victor Noir.

― Ah !

― Est-ce que c’était un bel enterrement ?

― Un enterrement comme tous les autres : beaucoup moins de morts que de vivants.

― Ah !… Et la dernière fois, vous y êtes resté trois jours ?