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meurtrier, surtout la superstition morale et religieuse. Pauvres, c’est la somme de toutes vos lâchetés. En résumé, le capital que vous redoutez est tout simplement le crédit que fait votre patience imbécile à ceux qui vous disent qu’ils ont des capitaux, qu’ils n’ont jamais.

Il faudrait pourtant que les pauvres se décidassent à ne plus se laisser effrayer par des fantômes ; à ne plus livrer aux gredins qui s’embusquent derrière ces spectres leur vie, leur liberté, leur bonheur. Il faudrait qu’ils reconnussent avec Babeuf que la discorde vaut mieux qu’une horrible concorde où la faim vous étrangle.

Il faudrait qu’ils comprissent — ce qu’on veut les empêcher de voir à tout prix — que la Patrie, c’est le sol de la Patrie ; et qu’il appartient à tous les Français. Et, le jour où ils seront convaincus de cette vérité, s’écroulera d’elle-même cette épouvantable tyrannie administrative, militaire, industrielle, et surtout religieuse, qui fait de la vie des déshérités un long martyre, et qui me semble particulièrement détestable parce qu’elle est un dégoûtant anachronisme.



 
Plus de riches debout,
De pauvres à genoux…

La Carmagnole.


Le XIXe siècle a été le siècle des possibilités. L’homme n’a tiré parti de ces possibilités que dans la mesure la plus étroite ; il n’a fait usage que d’un petit nombre de découvertes, et de telle façon que leur développement ne s’est généralement effectué qu’au prix de massacres et d’hécatombes épouvantables. Le XXe siècle, à moins que l’homme ne se décide à retourner à l’état sauvage, sera le siècle des réalisations. Les races prendront conscience d’elles-mêmes, les nations se créeront effectivement, l’hu-