Page:Darien - La Belle France.djvu/189

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core lorsqu’on songe que la France a posé si longtemps, et pose encore, pour le pays du progrès et de la liberté. Des signes nombreux indiquent que les femmes, au moins la meilleure partie d’entre elles, cherchent à sortir de cette situation. Elles essaient de se créer des positions indépendantes, revendiquent des droits légaux et politiques. Il est inutile de critiquer ces tentatives dont l’intention, au moins, est excellente ; de tous ces symptômes, sans grande signification par eux-mêmes, on doit tirer cette conclusion très importante : qu’un nouvel esprit cherche à s’emparer de l’âme de la femme. Cet esprit, c’est l’Esprit de Sexe, que le Christ avait mutilé et voué à la honte imbécile, et que l’infâme Église Romaine a fait tous ses efforts pour tuer. La femme de demain sera la femme que trouvèrent devant eux les légionnaires romains lorsqu’ils envahirent la Germanie ; elle apparaîtra pour la bataille, se réveillant enfin du cauchemar religieux dans lequel elle se débat depuis dix-huit siècles. Elle excitera l’homme, comme autrefois, à la conquête de la terre et aussi à la destruction de tous les monuments anti-humains qui furent les témoins et les causes de son esclavage.

La femme heurte aujourd’hui ses aspirations et ses élans à toutes les impossibilités. Tout est en contradiction avec ses désirs et ses instincts. Mais la femme hait, de nature, l’inavouable et l’indiscutable, l’absolu, la pétrification du passé. Son rôle n’est pas de chercher à monter au niveau de l’homme, à épouser ses idées, ses sentiments et ses querelles ; mais au contraire de lui en faire comprendre la fausseté, le caractère factice, misérable et dangereux. C’est elle qui doit donner à la vie son caractère complet, fortement égoïste, et avide de tous les bonheurs possibles.

Détruisant les absolus anti-naturels et stagnants, elle doit faire vivre les immédiats humains. Elle doit démontrer à l’homme que c’est leur action commune, seule, qui peut être féconde. En France, c’est une démonstration qu’elle pourrait donner sans aucun mal. Y a-t-il rien de