Page:Darien - La Belle France.djvu/225

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cadavres ne pouvait pas être une vraie république ; et tous les efforts tentés afin d’en faire quelque chose de propre, devaient échouer piteusement. Elle ne pouvait être qu’un simulacre, une ridicule image, un attrape-gogos ; et elle ne deviendra une réalité que lorsqu’elle se sera écroulée, avec la calotte crasseuse qui lui sert de bonnet phrygien, dans le sang dont elle est sortie.

C’est ma conviction profonde, à présent, que les 35000 cadavres de la Commune seront vengés, et que c’est à ce prix seulement que la France pourra vivre. C’est ma conviction que les poteaux auxquels furent liés, pour mourir, les Rossel, les Bourgeois, et les Ferré d’il y a trente ans, n’ont jamais été abattus ; qu’ils attendent les Rossel, les Bourgeois et les Ferré de demain ; que tout le monde le sait en France ; et que personne ne fait semblant de le savoir. C’est ma conviction, encore une fois, que la France n’a eu que les gouvernements qu’elle mérite, qu’elle désire, en dépit de toutes les dénégations hypocrites ; qu’elle est imprégnée, saturée et pourrie par l’abject esprit réactionnaire qui est l’esprit catholique ; et qu’elle se plaît dans sa décomposition.

Les tarifs d’affameurs qui font la joie et l’orgueil de la France, lui coûtent cher. Je ne parlerai pas des milliers et des milliers d’adultes qu’ils font gentiment, chaque année, passer de vie à trépas ; je laisserai même gambader dans les rêves de leurs parents tous les petits Français dont ils empêchent la naissance. Mais je dois dire que, sans compter les enfants assistés, cent mille nourrissons meurent annuellement en France de faim et de misère. Je ne m’arrêterai pas à faire remarquer, en passant, jusqu’à quel point le protectionnisme a faussé l’esprit français ; en a fait, en collaboration avec l’alliance russe, une sorte de mélancolie solennelle, peureuse, bavarde, que convulsent de temps en temps les hoquets d’une gaieté obscène. Je voudrais seulement pouvoir compter les jeunes esprits qui sont abêtis par une éducation stupide, estropiés mentalement, avec le plus grand soin, pour toute leur vie. Le système d’instruction et d’éducation en vi-