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rante. C’est une telle politique, seule, qui fera triompher leurs revendications.

Le mouvement de 1848 échoua parce qu’il avait subordonné les questions politiques aux questions sociales ; il ne sut pas voir que toute rénovation économique doit avoir pour base la liberté individuelle, qui doit être basée elle-même sur une assise matérielle, tangible ; les souvenirs déformés de la Révolution française, qu’il supposait à tort avoir donné l’essor à la liberté politique, l’égarèrent ; il ne comprit pas que, pour transformer l’ordre social, il faut d’abord mettre la main sur le machinisme de l’État. Karl Marx, véritable enfant de 1848, et mentalement perverti par son séjour dans un pays, l’Angleterre, dont les conditions étaient et sont encore en contradiction avec celles des nations continentales, commit la même erreur. Les Socialistes « scientifiques » érigèrent cette erreur en doctrine, l’aggravèrent de tous les commentaires que put suggérer leur sottise ; la prêchèrent.

Les masses doivent s’affranchir des systèmes, des théories, des doctrines, des formules ; elles doivent refuser de croire aux panacées légales, aux imbécillités scientifiques et aux expédients. Elles doivent avoir une politique, une politique qui soit à elles ; et à elles seules. Une politique qui n’ait rien à voir, absolument rien, avec la politique de quelque parti que ce soit. La politique de tous les partis qui ne sont pas le parti des pauvres, n’a qu’un but : l’exploitation des pauvres. S’allier avec un ou plusieurs de ces partis, équivaut donc pour les déshérités à ceci : aider les exploiteurs dans leur œuvre de spoliation. La politique des pauvres ne doit avoir qu’un but : le refus de se laisser exploiter. On exploite les pauvres de bien des façons ; on les exploite, surtout, par l’impôt ; on pourrait même dire que c’est toujours dans l’impôt que l’exploitation trouve sa formule définitive. Les pauvres ne feraient donc pas mal de s’occuper un peu de l’impôt ; de constater, très sérieusement, que la base sur laquelle il est établi n’est point juste, c’est-à-dire point sensée ;