Page:Darien - La Belle France.djvu/254

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asthmatique qui est la marque des vaincus ; ils tendent surtout à empêcher l’idée républicaine de se dégager de la défroque avocassière et libérâtre dans laquelle on l’a emmaillottée, et dans laquelle elle se débat en larmoyant ; leur unique résultat est de pousser, plus ou moins consciemment, le parti républicain dans la direction du collectivisme esclavagiste et dogmatique et de l’établir, de guingois ou les pattes en l’air, sur le fumier de la légende révolutionnaire, sur la pourriture des grands principes. Ces efforts dénotent l’impuissance la plus complète.

Ainsi, les uns, avec le spectre ridicule de leur Passé, aux sons discordants de leurs clairons fêlés et de leur grosse caisse que creva la botte prussienne, feraient passer la France sous le joug de Rome et la prépareraient, par quelques misérables culbutes militaires, au saut définitif dans l’inconnu. Les autres, avec le spectre plus ridicule encore de leur Futur, au bruit des couteaux à papier sur les pupitres des assemblées baveuses, condamneraient la France à la vie au jour le jour dans la vase d’une routine dégradante, au tran-tran abrutissant et jacassier qui livre les nations sans défense, les moelles sèches, à toutes les surprises du hasard. Des deux côtés, donc, c’est l’aveu que la situation présente ne peut point s’éterniser ; c’est la constatation que des transformations profondes — mais lesquelles ? — sont complètement indispensables ; c’est la répudiation, explicite ou implicite, mais toujours formelle, de ce qui existe aujourd’hui. Et des deux côtés, encore, c’est l’absence entière de compréhension, de dessein clairvoyant, de résolution virile ; c’est la manifestation totale, par les faits, d’une impuissance absolue.

L’un et l’autre parti savent que rien de ce qui existe ne peut continuer à exister. Ils savent qu’ils sont hors d’état d’entreprendre, de mener à bien, aucune rénovation ; et qu’ils ne peuvent même, à moins de se frapper eux-mêmes du coup mortel, en oser la conception. Ils savent que tout ce qu’ils pourront tenter est, d’avance, nul et non avenu. Cependant, ils essayent de se décevoir eux-mêmes ; de s’étourdir du bruit de leurs paroles, de leurs