Page:Darien - La Belle France.djvu/297

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


Non, tout n’était pas mauvais dans la vieille France, — la vraie, celle de Quesnay, par exemple. — Mais il y a une autre vieille France, celle justement qu’on cherche à exhumer, et qui ne fut qu’une des figures de Rome ; et ça, c’est de la saleté ! Cette vieille France catholique viendrait à point nommé, si Messieurs les Pauvres et Messieurs les Eunuques voulaient bien avoir l’obligeance de le permettre, au secours de la France catholique de l’esprit nouveau. Ces deux infamies se consolideraient mutuellement.

Pauvres, méfiez-vous ! L’éternel Despotisme qui vous écrase, vous sentant fatigués des formes de servitude qu’il vous impose depuis un siècle au nom de la liberté, voyant que vous êtes sur le point de flairer l’imposture et de rejeter la légende, essaie de changer son aspect et de modifier ses moyens d’action. Il va chercher, dans les catacombes où il les avait reléguées, les défroques du passé et les antiques chaînes, rouillées mais solides encore, qu’il prétend vous faire accepter comme les accessoires nécessaires d’une rénovation politique proclamée indispensable. Dès que vous vous lèverez, dès que vous aurez la victoire, cette vieille France — le vampire catholique — vous fera des mamours afin de vous duper, de vous escroquer, une fois de plus, votre victoire. Cette victoire, elle sait que vous l’aurez ; elle espère que vous ne saurez pas, encore, en profiter ; et qu’elle saura vous la ravir. Elle se prépare à vous la ravir. Allez au Champ-de-Mars ; vous la verrez, qui vous attend ; qui attend les démolisseurs qui vont venir pour jeter à bas les murailles de plâtre, pour délivrer les monstres de fer et d’acier qui sont derrière, les bons monstres que l’Homme a créés et qui veulent lui donner, enfin, la liberté. La vieille France — la Jézabel catholique — est là, hideuse, maquignonnée, fardée, avec du rouge et du blanc sur le parchemin authentique qui lui sert de peau — le rouge du sang populaire, dont elle s’est gonflée, le blanc de toutes ses prostitutions. — Elle regarde par la fenêtre des palais de carton-pâte ; et c’est tous les palais qui lui