Page:Darien - La Belle France.djvu/57

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ardemment désiré, mais qui ne serait obtenu — s’il l’était — qu’au cas où l’on s’engagerait à faire de la France une nation dévirilisée, rampante et servile, une définitive guenille de nation. Alors ? Alors, ils ne savent pas. Armée, Drapeau, Patrie. Voilà tout. Ils espèrent réussir, d’une façon ou d’une autre, et à n’importe quel prix, à mettre du foin dans leurs bottes — et même dans leurs râteliers. — En attendant, ils décernent des brevets de patriotisme ; ou en refusent.

D’ailleurs, ce qu’ils disent, ce qu’ils déclament, importe peu. Il suffit de savoir que ce sont des êtres malfaisants, et qu’il est urgent de les mettre hors d’état de nuire. Quant à leurs plans, quant aux saletés qu’ils appellent leurs idées et leurs convictions, il serait inutile, même s’ils étaient capables de les exposer clairement, de discuter ça un seul instant ; on n’argumente pas avec la bête venimeuse : on l’écrase. Si ces misérables ont jamais pensé quelque chose, ils pourront en faire part au bourreau — pendant la petite minute qu’ils lui demanderont certainement, et qu’il leur accordera peut-être.

Il est une chose, pourtant, qu’ils répètent à tout propos, tellement haut qu’il est impossible de l’ignorer, et dont ils se targuent. Ils affirment être honnêtes, constituer le parti des honnêtes gens, représenter l’honnêteté, symboliser l’honneur. Tout ça ! Ils n’en prennent pas avec le dos de la cuillère.

Ah ! vous êtes honnêtes, les cocardiers ? Vous avez le monopole de l’Honneur ? Eh ! bien, vous savez, il ne faut pas être difficile pour en vouloir après vous, tas de cuistres, de castrats, d’hypocrites et de mouchards ! Et si j’ai un conseil à donner aux pauvres bougres dont vous voudriez faire de la chair à canon, que vous rêvez d’envoyer au confessionnal à coups de trique et au travail forcé à coups de crosse, c’est de se tâter pour voir s’ils en ont encore dans l’estomac, de l’honnêteté ; et s’ils en ont, s’ils ne se sont pas encore délivrés de cette sale drogue que vos pareils, assassins et voleurs, font avaler aux malheureux depuis tant de siècles, je les engage à s’en débarrasser