Page:Darien - Le Voleur, Stock, 1898.djvu/141

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


VIII

L’ART DE SE FAIRE CINQUANTE MILLE FRANCS DE RENTE
SANS ÉLEVER DE LAPINS


Souvent, la femme est la perte du voleur. Voilà une profonde vérité que me rappelle Ida, quelques instants avant l’arrivée de la femme du monde.

— Pas toutes les femmes, bien entendu. Le vol n’est pas un sacerdoce, comme le journalisme, et un homme ne peut pas, sous prétexte qu’il a les doigts crochus, se condamner à vivre en chartreux. De femmes comme Broussaille, par exemple, ou comme moi, vous n’avez rien à redouter, ou bien peu ; nous sommes des sœurs plutôt qu’autre chose. Mais de ces dames de la haute, vous avez tout à craindre ; ce sont des détraquées, énervées par le milieu factice dans lequel elles vivent, qui se jettent à votre tête dès que vous leur avez laissé deviner votre secret et qui vous font payer cher, après, des faiblesses qui ne leur coûtent rien.

— Est-ce que tu crois vraiment, Ida, qu’elles s’enflamment aussi facilement pour les criminels ?

— Si je le crois ! Ah ! Seigneur ! Mais j’en suis