Page:Darien - Le Voleur, Stock, 1898.djvu/171

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


X

LES VOYAGES FORMENT LA JEUNESSE


Tout d’un coup, j’aperçois l’abbé. Il arrive à petits pas, sous les arbres, son bréviaire à la main.

— Je vous y prends, dit-il en m’abordant avec un solennel salut ecclésiastique ; vous profitez de ce que je suis en retard de cinq minutes pour vous livrer à des observations pleines d’amertume sur les honnêtes gens qui fourmillent en ces lieux. Je vous voyais de loin et, réellement, votre figure me faisait plaisir ; on vous aurait pris pour un psychologue.

— Ne m’insultez pas, lui dis-je en lui serrant la main, ou je mets immédiatement à l’épreuve votre talent de moraliste et je vous demande votre opinion sur ce monument et sur ceux qui le fréquentent.

— La Bourse est une institution, comme l’Église, comme la Caserne ; on ne saurait donc la décrier sans se poser en perturbateur. Les charlatans qui y règnent sont d’abominables gredins ; mais il est impossible d’en dire du mal, tellement leurs dupes les