Page:Darien - Le Voleur, Stock, 1898.djvu/278

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XVII

ENFIN SEULS !…


Après le départ du policier, Hélène a regagné sa chaise ; et elle reste là, les bras ballants, les yeux perdus dans le vide, muette, en une attitude de douleur intense et de désespoir profond. Certes, sa situation est atroce. Que va-t-elle devenir, à présent ?… Son père lui aura préparé, malgré lui c’est vrai, mais inévitablement, l’avenir qu’Ida avait prophétisé : une vie d’aventures, une existence faite de tous les hasards… Ses protecteurs la recevraient-ils chez eux, à présent ? Peut-être, car la proposition ébauchée par le policier était certainement faite en leur nom ; mais comment l’accueilleraient-ils ? Et oserait-elle, même, retourner chez les Bois-Créault ? Non, sans doute ; autrement, elle n’aurait point répondu comme elle vient de le faire. Alors ?… En tous cas, il faut qu’elle prenne une décision dans un sens ou dans un autre. Je me résous à rompre le silence.

— Mademoiselle, dis-je pendant qu’elle semble revenir à elle, sortir d’un rêve, permettez-moi de troubler votre chagrin…