Page:Darien - Le Voleur, Stock, 1898.djvu/392

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XXIV

ON DIRA POURQUOI…


J’aime autant l’avouer : je n’ai pas été à l’enterrement de Renée et je n’ai point visité Mouratet dans sa prison. Je n’ai pas été à l’enterrement de Renée parce que cela n’aurait servi à rien, et je n’ai pas visité Mouratet parce que Mouratet me dégoûte et que son infortune actuelle ne me touche en aucune façon. Je ne suis pas sentimental. C’est un défaut ; mais qui n’en a pas ?

Cependant, je ne me dissimule point que de grands ennuis m’attendent. On sait que je fréquentais les époux Mouratet, que je les ai accompagnés au bal de l’Opéra, que je me trouvais avec le mari tandis que la femme s’oubliait, dans une loge, en une conversation criminelle. Je vais être appelé incessamment, en qualité de témoin, devant le juge d’instruction. Perspective désagréable. Je n’ai pas de préjugés contre les juges d’instruction, ou presque pas, mais je ne tiens nullement à entrer en relations avec eux. Ce sont des gens curieux par métier et soupçonneux par habitude, qui posent des questions parfois embarrassantes et ne