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  Résumé. 179

fications des parties dures et externes affectent quelquefois les parties molles et internes. Une partie fortement développée tend peut-être à attirer à elle la nutrition des parties adjacentes, et toute partie de la conformation est économisée, qui peut l’être sans inconvénient. Les modifications de la conformation, pendant le premier âge, peuvent affecter des parties qui se développent plus tard ; il se produit, sans aucun doute, beaucoup de cas de variations corrélatives dont nous ne pouvons comprendre la nature. Les parties multiples sont variables, au point de vue du nombre et de la conformation, ce qui provient peut-être de ce que ces parties n’ayant pas été rigoureusement spécialisées pour remplir des fonctions particulières, leurs modifications échappent à l’action rigoureuse de la sélection naturelle. C’est probablement aussi à cette même circonstance qu’il faut attribuer la variabilité plus grande des êtres placés au rang inférieur de l’échelle organique que des formes plus élevées, dont l’organisation entière est plus spécialisée. La sélection naturelle n’a pas d’action sur les organes rudimentaires, ces organes étant inutiles, et, par conséquent, variables. Les caractères spécifiques, c’est-à-dire ceux qui ont commencé à différer depuis que les diverses espèces du même genre se sont détachées d’un ancêtre commun, sont plus variables que les caractères génériques, c’est-à-dire ceux qui, transmis par hérédité depuis longtemps, n’ont pas varié pendant le même laps de temps. Nous avons signalé, à ce sujet, des parties ou des organes spéciaux qui sont encore variables parce qu’ils ont varié récemment et se sont ainsi différenciés ; mais nous avons vu aussi, dans le second chapitre, que le même principe s’applique à l’individu tout entier ; en effet, dans les localités où on rencontre beaucoup d’espèces d’un genre quelconque — c’est-à-dire là où il y a eu précédemment beaucoup de variations et de différenciations et là où une création active de nouvelles formes spécifiques a eu lieu — on trouve aujourd’hui en moyenne, dans ces mêmes localités et chez ces mêmes espèces, le plus grand nombre de variétés. Les caractères sexuels secondaires sont extrêmement variables ; ces caractères, en outre, diffèrent beaucoup dans les espèces d’un même groupe. La variabilité des mêmes points de l’organisation a généralement eu pour résultat de déterminer des