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  Résumé. 387

semblent avoir été formés, dans le cours de nombreuses oscillations de niveau, par une prépondérance de la force de soulèvement ; mais ne se peut-il pas que les aires du mouvement prépondérant aient changé dans le cours des âges ? À une période fort antérieure à l’époque cumbrienne, il peut y avoir eu des continents là où les océans s’étendent aujourd’hui, et des océans sans bornes peuvent avoir recouvert la place de nos continents actuels. Nous ne serions pas non plus autorisés à supposer que, si le fond actuel de l’océan Pacifique, par exemple, venait à être converti en continent, nous y trouverions, dans un état reconnaissable, des formations sédimentaires plus anciennes que les couches cumbriennes, en supposant qu’elles y soient autrefois déposées ; car il se pourrait que des couches, qui par suite de leur affaissement se seraient rapprochées de plusieurs milles du centre de la terre, et qui auraient été fortement comprimées sous le poids énorme de la grande masse d’eau qui les recouvrait, eussent éprouvé des modifications métamorphiques bien plus considérables que celles qui sont restées plus près de la surface. Les immenses étendues de roches métamorphiques dénudées qui se trouvent dans quelques parties du monde, dans l’Amérique du Sud par exemple, et qui doivent avoir été soumises à l’action de la chaleur sous une forte pression, m’ont toujours paru exiger quelque explication spéciale ; et peut-être voyons-nous, dans ces immenses régions, de nombreuses formations, antérieures de beaucoup à l’époque cumbrienne, aujourd’hui complètement dénudées et transformées par le métamorphisme.

Résumé.

Les diverses difficultés que nous venons de discuter, à savoir : l’absence dans nos formations géologiques de chaînons présentant tous les degrés de transition entre les espèces actuelles et celles qui les ont précédées, bien que nous y rencontrions souvent des formes intermédiaires ; l’apparition subite de groupes entiers d’espèces dans nos formations européennes ; l’absence presque complète, du moins jusqu’à présent, de dépôts fossilifères au-dessous du système cumbrien, ont toutes incon-