Page:Darwin - La Descendance de l’homme, 1881.djvu/312

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prix des individus des deux sexes, pour les espèces très-communes, sont les mêmes ; mais ils diffèrent pour 114 des plus rares espèces ; les mâles, dans tous les cas, sauf une exception, sont les moins chers. D’après la moyenne des prix de 113 espèces, le rapport du prix du mâle à celui de la femelle est de 100 à 149, ce qui paraît indiquer que les mâles doivent inversement excéder les femelles dans la même proportion. Deux mille espèces ou variétés de papillons nocturnes (Heterocera) sont cataloguées ; mais on a exclu celles dont les femelles sont aptères, en raison de la différence des habitudes des deux sexes ; sur 2,000 espèces, 141 diffèrent de prix suivant le sexe ; chez 130 les mâles sont meilleur marché, et chez 11 seulement les mâles plus chers que le femelles. Le rapport du prix moyen des mâles de 130 espèces, comparé à celui des femelles, est de 100 à 143. M. Doubleday (et personne en Angleterre n’a plus d’expérience sur ce sujet) pense que, en ce qui concerne les papillons de ce catalogue tarifé, il n’y a rien dans les habitudes des espèces qui puisse expliquer les différences de prix des sexes, et qu’elle ne peut être attribuée qu’à un excès dans le nombre des mâles. Mais je dois ajouter que le docteur Staudinger lui-même m’a exprimé une opinion toute différente. Il pense que l’activité moindre des femelles et l’éclosion précoce des mâles explique pourquoi les collectionneurs prennent plus de mâles que de femelles, d’où le prix moindre des premiers. Quant aux individus élevés de l’état de chenille, le docteur Staudinger, croit, comme nous l’avons dit plus haut, qu’il périt dans le cocon plus de femelles que de mâles. Il ajoute que, chez certaines espèces, un des sexes semble pendant certaines années prédominer sur l’autre.

Quant aux observations directes sur les sexes des Lépidoptères élevés d’œufs ou de chenilles, j’ai reçu seulement communication du petit nombre de cas suivants :

MALES FEMELLES
Le Rév. J. Hellins[1], d’Exeter, a élevé, en 1868, des chrysalides de 73 espèces, et a obtenu 153 137
M. Albert Jones, d’Eltham, a élevé, en 1868, des chrysalides de 9 espèces, et a obtenu 159 126
En 1869, il en a élevé de 4 espèces, et a obtenu 114 112
M. Buckler, d’Emsworth, Hants, en 1869, a élevé des chrysalides de 74 espèces, et a obtenu 180 169
Le Dr Wallace, de Colchester, a élevé d’une ponte de Bombyx cynthia   52   48
Le Dr Wallace, en 1869, a élevé, de cocons de Bombyx Pernyi venant de Chine 224 123
Le D’ Wallace, en 1868 et 1869, a élevé, de deux lots de cocons de Bombyx yama-mai   52   46
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TOTAL 934 761
  1. Ce naturaliste a eu l’obligeance de m’envoyer quelques résultats d’an-