Page:Daudet - Le Nabab, Charpentier, 1878.djvu/33

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là-haut, près des nuages ; puis il se décida à entrer. Dans le couloir, il se croisa avec une cravate blanche et une majestueuse serviette en cuir, évidemment le vieux monsieur de l’étalage. Interrogé, celui-ci répondit que M. Maranne habitait en effet le cinquième : « Mais, ajouta-t-il avec un sourire engageant, les étages ne sont pas hauts. » Sur cet encouragement, l’Irlandais se mit à monter un escalier étroit et tout neuf avec des paliers pas plus grands qu’une marche, une seule porte par étage, et des fenêtres coupées qui laissaient voir une cour aux pavés tristes et d’autres cages d’escalier, toutes vides ; une de ces affreuses maisons modernes, bâties à la douzaine par des entrepreneurs sans le sou et dont le plus grand inconvénient consiste en des cloisons minces qui font vivre tous les habitants dans une communauté de phalanstère. En ce moment, l’incommodité n’était pas grande, le quatrième et le cinquième étages se trouvant seuls occupés, comme si les locataires y étaient tombés du ciel.

Au quatrième, derrière une porte dont la plaque en cuivre annonçait « M. Joyeuse, expert en écritures », le docteur entendit un bruit de rires frais, de jeunes bavardages, de pas étourdis qui l’accompagnèrent jusqu’au-dessus, jusqu’à l’établissement photographique.

C’est une des surprises de Paris que ces petites industries perchées dans des coins et qui ont l’air de n’avoir aucune communication avec le dehors. On se demande comment vivent les gens qui s’installent dans ces métiers-là, quelle providence méticuleuse peut envoyer par exemple des clients à un photographe logé au cinquième dans des terrains vagues, tout en haut de la rue Saint-Ferdinand, ou des Écritures à tenir au comptable du dessous. Jenkins, en se faisant cette réflexion, sourit