Page:Daudet - Les Amoureuses, Charpentier, 1908.djvu/90

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« – C’est toi, la Mort ! eh bien ! tant mieux.
« Mon âme est veuve ; mon cœur vieux,
« J’avais besoin d’une maîtresse.

« Une tombe est un rendez-vous
« Comme un autre ; prélassons-nous
« Dans une éternelle caresse ! »

Je l’embrasse ; elle se défend,
Recule et me dit : « Cher enfant,
« Attends, rien ne nous presse !…

« Gardons-nous pour des temps meilleurs ;
« Mais aujourd’hui, je cherche ailleurs
« Des amoureux en hécatombe.

« Ailleurs, je vais me reposer
« Et couper en deux le baiser
« D’un ramier et de sa colombe !