Page:Daudet - Sapho, 1884.djvu/10

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cheveux de ce blond-là !… Voilà une chose extraordinaire. »

Et elle voulait savoir depuis combien de temps il habitait Paris, si c’était très difficile cet examen pour les consulats qu’il préparait, s’il connaissait beaucoup de monde et comment il se trouvait à la soirée de Déchelette, rue de Rome, si loin de son quartier Latin. Quand il dit le nom de l’étudiant qui l’avait amené… « La Gournerie… un parent de l’écrivain… elle connaissait sans doute… » l’expression de ce visage de femme changea, s’assombrit subitement ; mais il n’y prit pas garde, ayant l’âge où les yeux brillent sans rien voir. La Gournerie lui avait promis que son cousin serait là, qu’il le présenterait. « J’aime tant ses vers… je serais si heureux de le connaître… »

Elle eut un sourire de pitié pour sa candeur, un joli resserrement d’épaules, en même temps qu’elle écartait de sa main les feuilles légères d’un bambou et regardait dans le bal si elle ne lui découvrirait pas son grand homme.