Page:Daveluy - L'esclave des Agniers, 1933.djvu/50

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s’était départie de sa froideur. Un léger accident était survenu à Charlot. Il souffrait d’une large coupure à la main droite provenant du tranchant d’une hache arrachée trop vivement à la jeune fille. Elle allait s’en servir de façon très dangereuse. Lis-en-fleur avait saisi la main de Charlot et réussi à arrêter le sang qui en coulait à flots. Puis, ce pansement élémentaire terminé, elle s’était affaissée au pied d’un arbre.

En revenant à elle, l’Algonquins avait aperçu, fixé sur elle, avec quelle intensité, le regard désolé de Charlot. Les yeux de la jeune fille s’étaient aussitôt refermés. Son cœur battait très vite, maintenant, sous le coup de l’émoi inexplicable qu’elle ressentait, elle aussi. La voix de Charlot s’était alors élevée.

« Pauvre enfant, disait, le jeune homme, remettez-vous, de grâce. Vous m’avez trop bien soigné… C’est cela. Que j’en suis peiné !… Je suis confus, bien confus d’être la cause de votre défaillance… bien explicable ! Dites, oh ! dites-moi que vous vous sentez mieux ? »

La jeune fille, sans répondre, sans le regarder, s’était lentement levée. Elle fit bientôt un léger signe signifiant qu’il lui fallait tout de suite