Page:Daveluy - Le mariage de Josephte Précourt, paru dans Oiseau Bleu, 1939-1940.djvu/86

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les puissances d’argent, et encore moins devant des menées haineuses, hypocrites ou perfides. La décision de Michel, en choisissant la carrière d’avocat, plutôt que celle de médecin qu’il préférait, avait eu pour motif ce désir de défendre à son tour la liberté politique de ceux de sa race. Surtout, il serait là, à servir à la place de tous ces disparus, qui avaient versé, eux, non des flots d’éloquence, mais leur sang, qui avaient sacrifié sans hésiter tout ce qu’un cœur jeune, noble et enthousiaste peut attendre de la vie. « Hélas ! pensait Michel, qui revenait sans cesse à ses souvenirs, jamais plus le chevaleresque Olivier Précourt ne monterait à la tribune ; jamais plus sa voix chaude, persuasive, si facilement ironique, ne soutiendrait la cause de quelque malheureux ou de ce grand malheureux qu’était le Canada français. Eh bien ! il fallait essayer d’être une voix à son tour, une voix qui réclamait, qui exigeait la reconnaissance de droits encore outragés. »

Michel se sentait distrait, en ce matin pluvieux de juin, qui succédait au soleil éclatant de