Page:Daveluy - Les petits Patriotes du Richelieu, paru dans Oiseau Bleu, 1937-1938.djvu/184

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comme vous. Je t’attends, mon enfant, dans la semaine qui suivra le mariage du brillant Charles-Ovide Perrault. Tout le monde le prise, je le vois, dans la vallée du Richelieu, comme dans l’île de Montréal et ailleurs.

« Ne t’inquiète pas trop de ma santé. Le cœur ne bat pas comme à vingt ans… mais qu’importe puisqu’il peut encore très bien battre pour vous, pour vous seuls, mes petits-enfants. Avec les baisers de

GRAND’MÈRE
« Saint-Denis-sur-Richelieu, 6 juillet 1837. »


Olivier avait un pli soucieux au front en repliant la lettre de sa grand’mère. Les blâmes qu’elle lui infligeait, avec une douceur aussi affectueuse que pénétrante, le troublaient. Pauvre Mathilde !… Il avait exigé beaucoup d’elle, en effet, dans sa crainte d’un rival… peu dangereux, en somme. Sans doute, il eût préféré parler de son amour unique pour Mathilde d’abord avec le cousin Perrault. Il l’aurait prié, supplié de consentir à des fiançailles immédiates. Mais il était si sûr d’aller au-devant d’un échec qu’il n’avait pas osé. Ah ! si sa grand’mère avait vu l’enthousiasme du cousin pour ce prétendant qui avait nom Herbert Walker, lieutenant de Sa Majesté le roi