Page:Daveluy - Les petits Patriotes du Richelieu, paru dans Oiseau Bleu, 1937-1938.djvu/246

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XIV. — AUTOUR DE L’ASSEMBLÉE DES SIX COMTÉS


Depuis le vingt octobre au soir, Olivier était de retour à Saint-Denis. Il avait trouvé les deux villages, entre lesquels il faisait sans cesse la navette, dans un état d’agitation extrême. Le Dr Nelson se voyait, semblait-il, partout à la fois. Il augurait bien de cet énorme rassemblement de patriotes pour le 23 octobre. Des résolutions nombreuses, graves au point de vue des conséquences, seraient prises par une foule remuée en ses profondeurs, par les discours des orateurs. Comment entendre Papineau en vain, alors que le grand tribun se proposait de faire à Saint-Charles l’un des plus considérables discours de sa carrière ? N’y aurait-il pas aussi, auprès des treize députés présents, — on en avait la promesse, — d’autres orateurs, attendant leur tour, et qui auraient nom « le beau Viger », Lacoste, Rodier, le Dr Côté, Thomas Storrow Brown… Et chacun ajoutait alors en souriant : « Il y aura aussi les chaudes paroles du président de l’assemblée, le Dr Wolfred Nelson ! » Cependant, l’on semblait encore envisager la lutte de façon assez modérée. Du moins, personne, vraiment, ne croyait à l’approche, à l’imminence de quelque bataille tragique et décisive.

Peut-être des personnes pondérées, auxquelles la vie n’avait pas épargné de terribles leçons