Page:Daveluy - Les petits Patriotes du Richelieu, paru dans Oiseau Bleu, 1937-1938.djvu/93

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Josephte dans votre voiture. Vous monterez dans la nôtre avec Marie, votre sœur. Mon père nous enverra chercher vers onze heures, c’est bien cela, Rosalie ? ajouta-t-elle en s’adressant à sa sœur.

— Oh ! avant, voyons. Vers dix heures.

— Alors, filons vite au manoir, dit Caroline Duchesnay, je me sens de force à danser au moins deux heures. Dix heures ! Vous n’y pensez pas, mes amies. Bah ! la voiture attendra.

Les promeneuses prirent congé, au milieu des dires des jeunes filles. Olivier demeura incliné et chapeau bas, quelques secondes après le départ des brillantes amies de sa sœur.

— Olivier, oh ! Olivier, allons vite rejoindre Michel. Il a pris le petit sentier, ici à droite.

— Bien, petite, allons-y, reprit Olivier en se secouant, puis haussant les épaules, il ajouta entre haut et bas : « Si jamais, un devoir mondain à remplir peut prendre le caractère d’une corvée, c’est bien cette journée à finir en dansant, une journée si grave, si lourde de conséquences… Bah ! nous ne serons pas les premiers ni les derniers Français à être vus dansant sur un volcan. » Un pli amer se formait autour de la bouche rieuse d’Olivier Précourt.

— Olivier, pria timidement Josephte, tu dis des choses que je ne comprends pas… parle plus haut, veux-tu ?

— Pauvre petite Josephte, fit le jeune homme attendri, tu as un frère au caractère fort mauvais, hein ?