Page:Daveluy - Michel et Josephte dans la tourmente, paru dans Oiseau Bleu, 1938-1939.djvu/4

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« M. Olivier, ces jours-ci,… je partirai… je conduirai Josephte… près de votre fiancée… à Montréal !… Je le jure ! » L’heure était venue d’exécuter sa promesse, d’y procéder sans bruit, sans éclat, à l’insu de tous, et même de Sophie, dont le jugement faiblissait depuis les derniers et tragiques événements. Michel considérait souvent à la dérobée sa petite amie Josephte. Chaque soir, à la même heure, les yeux bleus de la petite fille s’agrandissaient d’effroi, tandis qu’un tremblement nerveux secouait son mince et long petit corps. Que ferait-il si sa petite protégée ne pouvait pas le suivre, une fois partie pour le long voyage pénible ? Il avait un peu d’argent pour subsister, et coucher chaque soir dans quelque bonne ferme, car comment s’exposer, au dehors, au froid terrible des nuits canadiennes, en décembre ? Oui, tout pourrait aller, pourvu que rien de dramatique ne survînt ; pourvu que les soldats, qui couraient

    Suite du feuilleton Les Petits Patriotes du Richelieu, paru dans l’Oiseau bleu, août-septembre 1937 à juin-juillet 1938.