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LA GRANDE AVENTURE DE LE MOYNE D’IBERVILLE

le voit bien, le Mississipi, si longtemps caché, ne livrera pas son secret avec tant de facilité.

Accompagné de ses principaux officiers, le commandant reprend sa course en felouque. Le 28 février, la mer devient grosse. Pendant trois jours, la tempête fait rage, et pourtant, il ne faut pas s’éloigner de la côte, car le fleuve doit être tout près. Capeyant avec ses chaloupes, où il a dû loger les canots d’écorce, il tient la mer, malgré tout. Les paquets d’eau embarquent. « La mer estoit si grande que nous fusmes obligés de mettre nos faignes, qui estoit une toile goudronnée d’environ un pied de haut, audessus de nostre bord, que nous estions obligés de tenir pour empescher la mer de s’embarquer ». La mer « les mangeoit ».

Vont-ils périr ? C’est dans cette extrémité qu’ils atteindront leur but : la nature livre son dernier combat, furieux, mais l’énergie du Canadien va la vaincre. « Ayant tenu trois heures le cap au sud-est pour doubler une pointe de roches, la nuit venant et le mauvais temps continuant, à ne pouvoir résister sans aller à la coste la nuit ou périr à la mer, j’ay arrivé sur les roches pour faire coste de jour, afin de pouvoir sauver mes gens et mes chaloupes. En approchant de ces roches, pour me mettre à l’abry, je me suis aperçu qu’il y avoit une rivière ». Il va s’échouer dans des roseaux, son sang-froid a sauvé tout le monde. Main-