Page:Daviault - La Grande aventure de Le Moyne d'Iberville, 1934.djvu/148

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À LA LOUISIANE

court. Le décision ne fait pas son affaire. Il lui faut sa colonie.

— Que m’apprend-on, monseigneur ? Je n’irai pas à la Louisiane ?

— Si, vous y porterez des vivres à la garnison de Biloxi et vous y mènerez les Canadiens venus avec votre frère de Sérigny de la baie d’Hudson. Renseignez-vous encore. À votre retour, le roi décidera s’il doit conserver ou abandonner le fort.

— Mais, monseigneur, nous avons déjà trop tardé, j’en sais bien assez.

Un marin peut parler au ministre sur ce ton, Pierre le sait.

— Les Espagnols ne nous y laisseront pas, réplique le ministre. Voyez ce que m’écrit M. Ducasse. Il prend la lettre dans un tiroir. D’Iberville s’esclaffe.

— Fables ! Comme j’eus l’honneur de vous le marquer dans mon mémoire, cinq fuyards de Pensacola me sont venus voir à Biloxi, m’apprenant que, dans la capitale du Nouveau-Mexique, il n’y a pas plus de 250 Espagnols. Ils parlaient beaucoup de la faiblesse de ce pays-là. Cinq cents bons Canadiens le feraient trembler !

« Il faut devancer les Anglais. On me mande de Londres qu’on y attend de jour en jour le retour de deux navires partis l’année dernière pour