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À LA BAIE D’HUDSON

il fit Longueuil. Elle a bien le droit d’être fière. Car elle a été pour beaucoup dans la réussite de son mari. Et ne lui a-t-elle pas donné une famille merveilleuse dont dix fils portent ou porteront de beaux noms empruntés à des localités de cette Normandie toujours regrettée, et qu’ils rendront célèbres ? (1) Un autre est mort à peine né et les deux filles épouseront sans doute de bons gentilshommes.

Mais toute cette gloire ne lui fait perdre ni son autorité, ni son rude langage. Et elle continue de gronder son grand fils, si beau, à la figure intelligente et énergique.

M. d’Iberville garde le silence. Profitant d’une accalmie, il salue, se retire. Il sent si bien l’inutilité des explications ! Il a d’abord tenté d’exposer son idée ; sa mère ne l’a pas entendu.

Lui-même n’est pas très sûr de ses propres sentiments. Jamais M. d’Iberville ne connut une telle indécision. D’abord, il n’a jamais été indécis. Homme d’action, il accorde à la réflexion tout juste le temps de trouver les moyens propres à atteindre son but. Son plan élaboré, il n’y pense plus : il agit.

Quand on a parlé du départ, pour la baie James, d’une grande expédition dont Sainte-Hélène, son frère, doit être le commandant en second, il a demandé puis obtenu de partir, bien que le voyage

(1) Les notes se trouvent à la fin du volume.