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À LA LOUISIANE

terres de Mississipy sont remplies de forests de toutes sortes de bois, surtout de chesnes de différentes espèces, ce pays s’establissant, on y pourrait construire de toutes sortes de bastimens, mesme dans le Mississipy des navires de 50 canons, et à Pensacola de telle grandeur que l’on souhaiteroit ».

Comme il met tout de suite ses projets à exécution, pour son troisième voyage, il a amené des contremaîtres habiles. Ayant renoncé à Pensacola, il établit à l’île du Massacre, à côté du magasin, un chantier de constructions navales, où il fait commencer immédiatement un navire de 50 tonneaux conçu de façon, non seulement à remonter les fleuves, mais à tenir la mer, car il ne veut pas laisser sa colonie sans ressources : si le ravitaillement tarde, elle pourra s’approvisionner dans les îles.

Tout se tient dans son esprit : cultures et constructions navales : « Ayant les vivres à bon compte, on y pourra construire à beaucoup meilleur marché qu’en France, en faisant marché avec les constructeurs pour rendre la touche d’un vaisseau, de telle grandeur que l’on voudroit avec ses vergues et masts. Car de vouloir faire bastir là pour le compte du Roy à journée, il en cousteroit plus et il seroit à craindre que les gens que l’on enverrait là, chargés de ces dépenses, ne s’y enrichissent en peu de temps »”. D’Iberville n’entretient aucu-