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LA GRANDE AVENTURE DE LE MOYNE D’IBERVILLE

Le bon frère et petit-fils prend toutes ces précautions oratoires pour annoncer, en termes fort polis, ma foi, qu’il n’entend pas laisser Monseigneur et grand-père s’établir dans la Louisiane, Cette lettre est l’aboutissement de toute une série d’incidents.

À son premier voyage au Mississipi, d’Iberville s’est heurté aux Espagnols de Pensacola, qui l’ont mal reçu. Les voyant peu affermis, il songea à s’emparer de la place par la force. Mais, lorsque les deux couronnes s’unirent, il résolut de recourir à la voie diplomatique. Il aurait réussi, n’eût-il lui-même constaté les avantages supérieurs de la Mobile. Mais, dès le début de ses explorations, il vit bien que sa colonie s’arrêterait au Nouveau-Mexique, région de mines. Son service d’espionnage, ses nombreuses sources de renseignements lui apprirent la faiblesse de ce pays. « Cinq cents bons Canadiens le feraient trembler », écrivit-il dans la relation de son premier voyage.

De leur côté, les Espagnols le voyaient venir avec appréhension. Après l’échec lamentable de La Salle, ils avaient détruit les restes de son petit établissement et ils se crurent définitivement les maîtres de ces parages. Leur déception fut grande quand d’Iberville se montra. Ils protestèrent avec énergie, protestations bien vues de Le Gallois de Beaujeu, intéressé pour des motifs particuliers