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LAURIER ET SON TEMPS

ordinaires. Le silence était complet, tous les yeux étaient fixés sur lui, toutes les oreilles étaient tendues pour entendre chacune de ses paroles.

Lorsqu’il termina, au milieu des applaudissements chaleureux de ses amis, tous disaient que ses arguments étaient irréfutables.

Cependant, les applaudissements qui avaient salué ce grand succès oratoire avaient à peine cessé, qu’on entendait les cris du fanatisme religieux. Le bill présenté par Laurier avait un côté religieux, il contenait, par conséquent, les explosibles les plus dangereux. Les loges orangistes partirent en guerre, accusant Laurier de vouloir imposer des écoles séparées aux nouvelles provinces, des journaux libéraux même prirent feu et contribuèrent à augmenter l’excitation publique.

Au moment où j’écris ces lignes, M. Sifton, l’un des membres les plus intelligents du cabinet, vient de donner sa démission, et on prédit que d’autres imiteront son exemple.

Jusqu’aux représentants du Nord-Ouest qui regimbent après avoir acquiescé au projet de loi ; ils prétendent qu’on y a inséré des clauses qui violent les arrangements intervenus.

C’est 1896 qui recommence en sens inverse.

En 1896, c’étaient les catholiques qui arboraient l’étendard religieux contre Laurier, aujourd’hui, ce sont les protestants.

Comment finira cette crise ? Les feux de prairies se propagent rapidement, les orages du Nord-Ouest sont violents.

Laurier aime les situations corsées, les crises aiguës, qui le forcent de déployer toutes les ressources de sa diplomatie. Il doit être heureux.

Pourtant, non, cette fois, il a de la peine à s’expliquer cette explosion de fanatisme autour d’une législation si