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LAURIER ET SON TEMPS

croyances et de diverses races et que la loi doit à tous et à chacun une ample et égale part de liberté et de bien-être.

« Ce sont là les principes des libéraux de Québec, et ils sont déterminés à faire tous leurs efforts, non seulement dans cette Chambre, mais encore dans tout le pays, pour éliminer du domaine de notre politique les questions de race et de religion. »

Il termina en disant qu’il acceptait l’amnistie conditionnelle qui avait été proposée par le gouvernement et qui répondait aux vues exprimées par les autorités impériales ; il admettait qu’une amnistie complète ne pouvait être accordée, et il était convaincu que l’acceptation loyale de la motion de M. Mackenzie par la population de Québec, aurait pour effet de faire oublier le passé et de porter les habitants des deux grandes provinces du Canada à se respecter davantage mutuellement.

Les circonstances n’étaient pas favorables au parti libéral depuis qu’il était au pouvoir.

Une crise financière exerçait des ravages terribles dans toutes les classes de la société ; les maisons de commerce les plus solides culbutaient, les usines fermaient leurs portes, des milliers d’ouvriers étaient sans travail, sans pain. Dans la province de Québec, on continuait à soulever contre les libéraux les sentiments religieux de la population en les comparant aux libéraux de France, en les accusant de professer le libéralisme catholique condamné par l’Église. Laurier entreprit de repousser cette accusation et d’en démontrer l’injustice dans une conférence qu’il fit à Québec, le 26 juin 1877.

Ce fut un événement.

Aux applaudissements enthousiastes d’un auditoire d’élite, il fit, en termes lumineux, dans un langage superbe, avec une chaleur communicative, l’histoire émouvante du libéralisme politique et des grandes réformes que le monde lui devait, et il revendiqua le droit d’être libéral, comme Fox