Page:David - Laurier et son temps, 1905.djvu/34

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
37
LAURIER ET SON TEMPS

purent voir, dans la vieille cathédrale, le banc d’honneur des gouverneurs français occupé par un gouverneur français ; s’ils purent voir les flèches des églises s’élançant de toutes les vallées, depuis les eaux de Gaspé jusqu’aux plaines de la rivière Rouge ; s’ils purent voir ce vieux drapeau, qui nous rappelle la plus belle de leurs victoires, promené triomphalement dans toutes nos cérémonies publiques ; s’ils purent, enfin, voir nos libres institutions, n’est-il pas permis de croire que leur dernier soupir s’éteignit dans un murmure de reconnaissance pour le ciel, et qu’ils moururent consolés ?

« Si les ombres de ces héros planent encore sur cette vieille cité pour laquelle ils sont morts, si leurs ombres passent ce soir sur la salle où nous sommes réunis, il nous est permis de croire, à nous, libéraux — du moins nous avons cette chère illusion — que leurs sympathies sont toutes avec nous. »

Cette conférence donne plus que la plupart des discours de M. Laurier, qui ne sont que des traductions, une idée juste de sa manière d’écrire et de parler le français, de son talent littéraire et oratoire. Tout y est admirable, les idées, les sentiments, le style, la méthode, l’harmonie, la dignité.

Le parti libéral de la province de Québec tout entier acclama cette conférence, et proclama qu’elle était l’expression vraie de ses sentiments et de ses opinions.