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LAURIER ET SON TEMPS


Laurier Ministre


L’entrée de Laurier dans le ministère était devenue nécessaire. Il prit la place de Félix Geoffrion, que la maladie força à donner sa démission comme ministre de l’Accise.

Le parti libéral faiblissait, et les conservateurs, un moment étourdis par leur chute, reprenaient force et courage.

Dorion, le plus sage, le plus respecté des anciens libéraux, avait abandonné son portefeuille de ministre de la Justice pour accepter la position de juge en chef de la Cour du Banc de la Reine, et il avait été remplacé par M. Fournier qui, lui aussi, avait, peu de temps après, démissionné pour devenir juge de la Cour Suprême.

La crise financière était à son apogée, et le Bien Public, organe de la fraction modérée du parti libéral, fondé dans le but de plaider la cause de l’industrie nationale au moyen d’un tarif protecteur, avait été obligé de disparaître, parce que le gouvernement n’avait pas voulu augmenter les droits de douane suffisamment.

Le règlement de la question d’amnistie avait déplu à un grand nombre qui demandaient tout ou rien.

Les conservateurs tiraient parti de tous ces éléments de faiblesse contre le parti libéral. Comme Laurier, après avoir accepté un portefeuille, était obligé de se faire réélire, ils résolurent d’essayer leurs forces contre lui ; ils se ruèrent dans le comté de Drummond-Arthabaska et l’inondèrent d’orateurs, d’agents électoraux, de brochures et de journaux.