Page:David - Les Patriotes de 1837-1838, 1884.djvu/138

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les patriotes

mais ils s’égarèrent et revinrent, après avoir marché longtemps, au point d’où ils étaient partis. C’est là qu’ils furent faits prisonniers.

Viger essaya en vain de démontrer qu’il était l’un des plus fidèles sujets de Sa Majesté, on le conduisit à l’Île-aux-Noix où il eut avec le colonel Williams une conversation dans laquelle il protesta énergiquement contre les mauvais traitements qu’on lui faisait subir.

— Comment pouvait-on arrêter, disait-il, un homme qui, étant venu des États-Unis voir des parents à Québec, s’en retournait tranquillement dans sa famille ? Qui cherchez-vous donc ? demanda-t-il au colonel.

— Nous cherchons Nelson, Jalbert et Bonaventure Viger, répondit le colonel.

De l’Île-aux-Noix on dirigea les prisonniers sur Montréal. Chemin faisant, Bonaventure Viger eut plusieurs altercations avec les volontaires, dont il paya plus d’une fois les insolences par de dures vérités. On avait d’abord espéré l’intimider : mais, quand on vit à quel homme on avait affaire, on le laissa tranquille.

Le premier individu qu’il vit en arrivant à la prison, fut le traître Arnoldi, fils, qui lui annonça sans rougir qu’il serait pendu, le lendemain matin.

— C’est dommage, lui répondit Viger, que je ne t’aie pas envoyé une balle dans la tête sur le chemin de Chambly ; tu n’aurais pas tiré sur la corde qui me pendra.

Arnoldi était dans la cavalerie qui était allée arrêter Davignon et Demaray à Chambly ; on s’explique sa mauvaise humeur à l’égard de Viger.

De tous les prisonniers de 1837, aucun ne causa autant de désagréments que Viger aux fonctionnaires de la prison, et de divertissements à ses compagnons d’infortune. Depuis le commencement jusqu’à la fin, il fut en guerre avec ses geôliers auxquels il rendait dent