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les patriotes

colonial tous les maux et les abus dont le Canada avait à se plaindre, que le peuple canadien devait donc se tenir prêt à profiter de la première occasion qui lui serait donnée d’obtenir son indépendance.

Les Fils de la liberté promettaient de mettre de côté les frivolités de la jeunesse pour se consacrer à l’étude de la politique, des besoins et des ressources du pays, d’augmenter la richesse publique en encourageant les manufactures et les produits du sol.

Cette idée, qu’on doit chercher la prospérité du pays dans l’encouragement de l’industrie nationale, n’est pas nouvelle, comme on voit ; les Fils de la liberté la mirent en pratique en s’habillant pour la plupart d’étoffe du pays de pied en cap.

Ils contribuèrent beaucoup à surexciter les esprits et à fortifier les espérances des patriotes. Des associations se formèrent à leur exemple, et les jeunes gens de la campagne s’organisèrent pour être en état de se défendre ou d’attaquer au besoin.

Les Fils de la liberté avaient des assemblées publiques presque toutes les semaines, se livraient avec ardeur à l’étude de l’art militaire et paradaient de temps à autre dans les rues, bannières déployées, musique en tête. Ils étaient quelquefois cinq ou six cents ; leur tenue militaire, leur bonne mine et leurs chants patriotiques étaient pour les Canadiens un sujet d’orgueil et d’espérance.

Malheureusement ils n’avaient pas d’armes, et c’était bien là ce qui les préoccupait le plus. Ils avaient tout ce qu’il fallait pour être de bons soldats, excepté des armes ; ils se demandaient ce qu’ils pourraient faire avec des bâtons et une centaine de fusils de chasse. Il fut question, pendant quelque temps, d’acheter des armes aux États-Unis, mais M. Papineau combattit cette idée.

Toutefois ces pacifiques démonstrations n’en pro-