Page:David - Les Patriotes de 1837-1838, 1884.djvu/301

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les patriotes

fidèle lui vola cette fortune qui lui avait coûté tant de travaux et de fatigues.

Revenu à New-York, il se remit à exercer sa profession qui put lui procurer encore une existence honorable. À des hommes comme Robert Nelson il reste toujours une chose qu’on ne peut enlever, que partout l’on recherche et l’on admire… le talent, cette science médicale surtout qui fait que l’univers entier est leur patrie.

C’est là, à New-York, que Robert Nelson passa les dernières années de sa vie, dans l’étude et la méditation. Lorsque M. Lafontaine eut fait tomber l’accusation de haute trahison qui pesait sur lui, ses parents et amis essayèrent vainement de le faire revenir au Canada. Il refusa avec obstination, disant qu’il ne reviendrait jamais tant que le Canada serait sous la domination anglaise. Il y vint cependant, deux ou trois fois, pour faire des opérations importantes.

Robert Nelson était brun, de moyenne taille, mais vigoureux ; il avait l’œil perçant, le regard vif et profond, la physionomie sévère. Il parlait peu ; ses discours étaient concis mais énergiques, il allait droit à son but, sans ménagement, sans déguisement. Il était d’un caractère énergique, hardi, original, aventureux et indépendant, entier dans ses opinions et ses sentiments.