Page:De Banville - Odes Funambulesques.djvu/128

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   Mon chapeau défoncé s’est tout aplati sur
   Ma tête. C’en est fait, je suis mort, à coup sûr !
   Non, je ne suis pas mort, mais je suis plein de plâtre.
   Où suis-je ? C’est l’enfer, ou bien c’est un théâtre !
   Oui, voilà des décors. Que c’est vilain de près !
   Un ancien a raison de dire en mots exprès
   Que, même à soixante ans, un homme n’est pas sage !

               Au public, confidentiellement.

   Je crois sans plus d’affaire enfiler un passage
   Je venais de dîner au prochain restaurant ;
   J’entre, je m’aplatis le nez contre un torrent !
   Je crève une forêt, et ma jambe, qu’attrape
   Un câble, s’engloutit dans le trou d’une trappe !
   Mon père l’exprimait judicieusement :
   « Quoiqu’on y voie, avec leur sourire charmant,
   Des femmes aux regards célestes, aux cous lisses,
   On ne se saurait trop méfier des coulisses :
   On peut trop aisément s’y faire estropier ! »

                    Apercevant la salle.

   Mais je n’avais pas vu cela ! Sac à papier !
   Le bel endroit ! Quelle est cette superbe salle ?
   Quel luxe ! Ma surprise est vraiment colossale !
   Je ne reconnais rien du tout ; pourtant je sais