Page:De Banville - Odes Funambulesques.djvu/156

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Tu gâtes le papier de quatre Lamartines.
Comme un Augu trop plein tu répands tes tartines
      Sur Carpentras et Draguignan ;
Ta machine à vapeur fait marcher trois cents plumes,
Et tu fais un gâchis en trente-deux volumes
      Des mémoires de d’Artagnan.

Mais ton jour vient. Il faut dans Le Siècle, qui tombe,
Que le premier-Paris sous lui creuse ta tombe !
      Dieu te garde un carcan de bois
Dans La Démocratie, un journal de dentiste,
Dans les entre-filets du Globe, et dans L’Artiste,
      Feuille qui paraît quelquefois !

Porcher te dira : Baste ! En des recueils intimes,
Tes vieux ours écriront les noms de tes victimes ;
      Tu les entendras te crier :
Mort et damnation ! et te traiter de cancre,
Tous ces foetus caducs, ces vieux ours teints de l’encre
      Qui n’est plus dans ton encrier !