Page:De Banville - Odes Funambulesques.djvu/174

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée



« Ah ! dit Mauzin, voyant sa pâleur de lotus,
Poëte, pour calmer ces affreux hiatus
      En un lieu que la foule évite,
Et pour te voir tordu par ce rire usité
Chez les hommes qu’afflige une gibbosité,
      Parle, que veux-tu ? Dis-le vite !

Que faut-il pour te voir plus gai que Limayrac ?
Veux-tu que je t’apporte une cruche de rack ?
      Dis, que te faut-il pour que rie
Ta prunelle d’azur, pareille à des saphirs,
Et pour voir tes cheveux s’envoler aux zéphyrs
      Comme les crins de Vacquerie !

Qui pourrait dissiper ton noir abattement ?
Te faut-il les gants bleus de monsieur Nettement,
      Ou ce chapeau de roi de Garbe,
Le chapeau de Thoré, cet homme si barbu
Qu’un barbier ne pourrait, sans devenir fourbu,
      En quatre ans lui faire la barbe !