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PRÉFACE.

la majesté de Héra aux bras de neige, il suffit sans doute de leur arracher de l’aile une plume pour écrire un mot. Un mot ! n’est-ce pas beaucoup déjà, lorsque tant de messieurs affairés font un métier de cheval, et, les yeux crevés, tournent du matin au soir la roue d’un pressoir qui n’écrase rien ?

Assurément ce temps-ci est un autre temps ; ce qu’il appelle à grands cris, ce sont les oiseaux joyeux et libres ; c’est la chanson bouffonne et la chanson lyrique. Lyrique, parce qu’on mourra de dégoût si l’on ne prend pas, de-ci de-là, un grand bain d’azur, et si l’on ne peut quelquefois, pour se consoler de tant de médiocrités, « rouler échevelés dans les étoiles » ; bouffonne… tout simplement, mon Dieu ! parce qu’il se passe autour de nous des choses très drôles. De temps en temps Aristophane refait bien sa comédie de Ploutos, qu’il intitule Mercadet, ou une autre de ses comédies, qu’il intitule Vautrin, ou Les Saltimbanques, ou autrement ; mais toutes sortes d’obstacles arrêtent le cours des représentations, car enfin l’art dramatique est dans le marasme. Et puis, à ces satires refaites après coup, il manque toujours la