Page:De Banville - Odes Funambulesques.djvu/291

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Que de fois, chancelant encor
Sous le mal dont je suis la proie,
Tes accents de cristal et d’or
M’ont rendu la force et la joie !

Oh ! que de fois j’ai mendié
L’enthousiasme et l’ironie
Sur le théâtre incendié
Par les éclairs de ton génie !

C’est pourquoi, ne dédaigne pas
Le pur diamant de mes rimes,
Nymphe, dont j’ai baisé les pas
Sur la neige des grandes cimes.

Car sur ton front céleste a lui
L’ardent rayon qui me déchire,
Et nous nous aimons en Celui
Qui nous a légué son martyre.

O spectacle trois fois divin
De voir une telle écolière
Tremper sa bouche dans le vin
Dont s’enivra le grand Molière !