Page:De Coster - Contes brabançons, 1861.djvu/10

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


c’étaient de coquettes habitations de briques alignées dans une longue grande rue et dont les portes, les volets, les montants et les traverses des croisées sont peints pittoresquement en gris, en vert et en rouge.

Domburg est un bourg de bains où les gens aisés de l’île et sans doute d’ailleurs, aiment à venir prendre les eaux de la mer du Nord, Domburg les reçoit dans de jolies auberges qui sont comme des villas au milieu des arbres. De sa plus haute dune vous voyez comme un bouquet flottant sur la mer, toute l’île de Walcheren.


II.


Josephus Hermann, Gantois d’origine, habitait avec sa fille Anna, la grande rue du bourg. Hermann appartenait à cette race d’hommes trapus si communs dans nos villes flamandes : il était très-fort et très-bon, voire même débonnaire. Il fallait seulement éviter de le fâcher : car un matelot ayant voulu un jour embrasser Anna de force devant lui, Hermann le jeta par la fenêtre. Anna avait seize ans, des yeux d’un brun doré, des cheveux blonds et les plus belles formes de jeune fille que puisse rêver