Page:De Coster - Contes brabançons, 1861.djvu/12

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La sœur de l’employé, femme d’Hermann, tomba dangereusement malade : elle écrivit à son frère qui arriva de Liverpool avec Braf, mais trop tard pour dire adieu à celle que la mort avait déjà frappée. Ce frère s’établit à Domburg, et y mourut à son tour d’ennui ou de la fièvre : Anna hérita de son chien et de ses économies.


III.


Un soir de juin, Hermann était pensif : Anna, dit-il à sa fille, depuis longtemps il neige sur mes cheveux, quand viennent ces fleurs de cimetière, les cheveux tombent et l’homme avec eux : il faudrait songer à te marier, mon enfant. La mort, poursuivit Hermann, vient comme l’orage : que de fois dans un beau ciel où rayonnait un éblouissant soleil, n’as-tu pas vu se montrer un petit grain noir, un rien, un innocent flocon de vapeurs qui peu à peu grandit, devient énorme, semble appeler à lui tout ce qu’il y a de nuées sur la mer et la terre, cache le ciel, éteint le soleil et met l’ombre noire où tantôt était la claire lumière. Ainsi de nous, mon enfant, le petit point noir c’est…

Hermann s’interrompit : Pourquoi donc, dit-il, notre