Page:De Coster - Contes brabançons, 1861.djvu/131

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Christus debout devant le feu et tournant par conséquent le dos aux arrivants, regardait tout pensif la flamme du bois lécher le cœur de la cheminée ; il oublia de saluer les trois frères.

— Qu’est-ce qu’il a donc Christus, ce soir, dit Jean en lui frappant sur l’épaule ?

Christus ne répondit pas.

— Ces Flamands-là, dit François, c’est tous les mêmes diables, quand ça ne boit pas, ça ne fait que rêvasser.

À quoi que tu songes ? Christus ?

— Bah, dit Nicolas, il aura trop mangé de tarte avec Louise. Louise, as-tu donné de la tarte à ton ami Christus. Voyons, et le colosse prit amicalement le frêle jeune homme par une épaule, voyons pourquoi ne réponds-tu pas quand nous te parlons ? — Christus regarda Louise et répondit naïvement : Je suis triste.

— Ha, il est trisse, dit Nicolas qui croyait plaisanter, voyez donc môsieur qui se donne des airs d’êt’ trisse.

Et pourquoi que le flamin est trisse ?

Christus crut devoir répondre : je n’en sais rien.

— Je le sais bien, moi, dit Louise.

— Vrai, firent-ils tous trois.

— Oui dà, dit-elle, je vais vous conter çà, pendant que vous souperez et que Christus vous aidera si le cœur lui